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    Le 28 janvier 2018

    Lettre non fermée
    à l’attention de M. Jean-Claude Pierru,
    Président du tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand

     

    Monsieur le Président,

    Ceci peut être interprété comme un chant du cygne (mais alors très vieux et fatigué) ou comme une lettre de réclamation (mais alors posthume). Dans ce dernier cas, comme le dit la SNCF, un client qui écrit n’est pas un client perdu mais un client qui a encore confiance, qui croit et espère toujours ! Ce serait excessif à dire me concernant, mais je ressens l’impérieuse nécessité de sortir un instant de mon aphasie pour donner quelques détails sur mon « affaire ».

    Celle-ci me mine, de façon totalement disproportionnée probablement mais ses conséquences sur ma « vie » sont aussi totalement disproportionnées ! Et je sens que je ne peux rien faire ! et mon impuissance me mine plus que tout. Je veux donc dire un mot tant que je le peux.

    Permettez-moi donc, Monsieur le Président, de vous faire part de la nature de l’expertise menée par l’expert Manaud, Jean-Pierre, dans l’appartement que j’ai acquis à Clermont-Ferrand, 13, rue Riquet, vendu comme « rénové avec soin », « impeccable », sans « rien à faire » à l’intérieur (selon les termes des vendeurs).

    J’ai visité cet appartement deux fois, alors qu’il était meublé. Lorsque j’ai eu les clefs et que je l’ai vu vide, des détails m’ont amenée à retirer les revêtements aux murs et au plafond, puis le revêtement stratifié au sol (je l’ai fait seule, avec un peu d’eau froide et entre deux trains, cela m’a donc pris du temps !).

    Ces détails, c’était notamment du papier déchiré derrière les canapés, des trous derrière un grand cadre, puis le fait que j’ai appris par le voisinage que l’immeuble avait connu des problèmes de fissures. J’ai craint alors que mon appartement ne fût concerné (il l’était en effet, mais les fissures étaient toutes sauf une le fait des vendeurs).

    L’expert Manaud m’a à de multiples reprises fait le plus vif reproche : celui d’avoir retiré les revêtements des murs, du sol et du plafond de l’appartement. En effet, si je ne les avais pas retirés, aucun problème ne se serait posé pour les vendeurs… Mais ils n’ont pas le moins du monde été inquiétés à ce jour, l’expert Manaud doit donc se tranquilliser.

    La première avocate que j’ai consultée (avant même d’avoir découvert tous les désordres affectant l’appartement) a envoyé une lettre de mise en demeure, qui n’a guère ému les vendeurs. Ladite avocate m’a finalement conseillé de « faire les travaux et de vendre l’appartement ». Pourquoi ce conseil ? Les vendeurs seraient-ils des huiles à Clermont-Ferrand ?! Ils n’ont pourtant pas un kopeck courant, si j’ai bien compris. Maintenant qu’ils ont mes quelques sous, ils se considèrent comme riches… À certains il suffit de peu de chose.

    De la façon la plus condensée possible, je vais répertorier les faits, puis les principaux défauts que j’ai relevés dans l’appartement.

    En 2014 j’ai acheté cet appartement 2 pièces à Clermont-Ferrand ; il s’agissait pour moi de tenter d’être autonome (ne l’ayant jamais été), de me laisser une dernière chance (via un traitement). J’ai acheté l’appartement à des dénommés Matczak (Matczak, Raphaël ; Matczak, Émilie ; Matczak, Régis ; puis Gaillard-Matczak, Gaëlle). Ces gens étaient visiblement à l’affût d’une occasion, le dénommé Matczak, Raphaël, vendeur en titre, gagnait pourtant à ce moment 2000 euros net mensuellement (de la société Eurovia), somme supérieure au salaire moyen des Français.

    Ils ont acquis en 2011 pour 80 000 euros l’appartement qu’ils ont mis en vente en 2013 pour 115 000 euros, soit +43,75 %, alors que le cours de l’immobilier était au plus haut en 2011. Ils me l’ont vendu — par le biais, biaisé donc, du mensonge — 111 800 euros. Ils l’ont acheté à une dame de 90 ans, célibataire et sans enfants. Cet argent m’a été légué par ma grand-mère.

    Durant ces deux ans, les dénommés Matczak ont transformé l’appartement et l’ont par là truffé de vices cachés (ils ont eux-mêmes réalisé tous les travaux, en s’en vantant, mais il faut croire qu’ils ne possédaient pas toutes les compétences requises) :

    —   ils ont dissimulé sous un revêtement stratifié le seul défaut qui existait initialement : une fissure avec affleurement dans le carrelage de l’entrée. Je l’ai découverte après le retrait du revêtement ;

    —   ils ont supprimé deux grands pans de cloisons (et des portes) dans le séjour, sans le faire dans les règles de l’art, et cela a engendré des fissures dans les cloisons restantes (dans les W-C) et une fragilisation de celles-ci (dans l’entrée) ;

    —   ils ont installé des éléments hauts dans la cuisine ; cela fait certainement un peu brutalement a entraîné des fissures (grossièrement colmatées) visibles (une fois le revêtement mural ôté) dans tout le mur à l’arrière, dans la salle de bains ;

    —   ils ont transformé la baignoire existante en douche, mais celle-ci n’a jamais été fonctionnelle. La tuyauterie, raccordée de façon non conforme à la tuyauterie existante en plomb, fuit fortement. Ils ont donc généreusement colmaté de mastic la tuyauterie ; las ! ça fuit tant et plus. Ils ont donc placé un meuble devant le trou qu’ils ont ménagé pour intervenir sur la tuyauterie et ont vendu le meuble avec l’appartement, en le facturant 315 euros ;

    —   ils ont placé ce meuble haut tout contre la paroi de douche, puisque la douche ne fuit pas que dessous mais aussi sur le(s) côté(s), notamment entre le pare-douche et le mur, où l’eau s’écoule abondamment. Le meuble a permis de camoufler le problème ;

    —   ils ont dissimulé le dégât des eaux engendré par les fuites de la douche jusque dans le séjour, en plaçant un revêtement stratifié par-dessus, dans le séjour ;

    —   ils ont posé du Placo à maints endroits dans l’appartement, notamment derrière le radiateur du séjour. Ce radiateur a fui (a-t-il été mal remis en place ?), est inutilisable de fait, et la fuite a été camouflée par le revêtement stratifié du séjour ;

    —   comme ce radiateur était fuyard, ils ont installé un radiateur électrique dans le séjour. Ce radiateur a été emporté par leurs soins et n’y était plus quand j’ai eu les clefs de l’appartement. Il en reste néanmoins les trous dans le mur.

    L’état de l’appartement était visuellement à peu près irréprochable quand je l’ai vu meublé, puisque les dénommés Matczak l’avaient entièrement tapissé de papier blanc légèrement en relief et peint par-dessus. Les fissures n’étaient pas décelables. Pour camoufler les cloisons abattues sans ménagement, du Placo a fait l’affaire (tapissé de papier peint, peint par-dessus également).

     

    Pour l’expert Manaud, qui a été envoyé pour traiter cette petite affaire (petite affaire à l’origine, mais énorme pour moi puisqu’elle me conduit tout droit dans la tombe !), le coût des travaux est d’à peine plus de 1000 euros. Pourtant, 2000 euros, c’est le devis le moins cher que j’ai pu trouver pour mettre en état ne serait-ce que la douche… J’accepte donc volontiers que l’expert Manaud me fournisse les coordonnées des artisans qui me mettront l’appartement en état pour 1000 euros.

    Depuis 2014, je paie des charges de copropriété, l’impôt foncier, une assurance, des constats d’huissier, des honoraires d’avocats, des expertises (j’ai fait intervenir l’expert Duniat, Bernard, à titre personnel, pour être éclairée sur la question des murs et des cloisons ; il m’rassurée en disant que, les fissures ne concernant que des cloisons, le bâti n’était pas mis en péril), etc. Je paie aussi des déplacements (habitant en Île-de-France). Je ne suis pas véhiculée, ce sont de grosses contraintes. Enfin, je ne me déplace presque plus du tout, ce dernier point est donc du passé.

    L’expert de l’assurance que j’avais fait intervenir m’avait dit de choisir un avocat à Clermont-Ferrand, et non à Paris, pour traiter mon affaire. C’est bien ce que j’ai fait, mais j’y ai perdu encore plus… L’Adil, que l’huissier m’avait incitée à appeler, m’avait répondu que, s’il y avait des fissures dans le carrelage ou les murs, c’étaient bien des vices cachés et il fallait entamer une procédure. L’expert Manaud n’est visiblement pas du même avis.

    J’ai dépensé quelques dizaines de milliers d’euros en frais divers et variés et je ne peux rien faire de cet appartement, qui nécessite au minimum 15 000 ou 20 000 euros de travaux. En tant que micro-entrepreneur (en télétravail) je gagne entre zéro et quelques centaines d’euros net par mois. Je me permets de vous détailler tout cela parce que je me suis toujours tue (même si présentement logorrhéique !), mais je ressens vraiment la nécessité de me décharger « publiquement » aujourd’hui, près de la fin.

    C’est bien grandiloquent, mais je n’aurai connu qu’iniquité, corruption et collusion de bas étage à Clermont-Ferrand ! La Région Auvergne-Rhône-Alpes tout entière ne m’inspire désormais qu’une indicible répulsion. Devrais-je aller à Perpignan que je passerais par Bordeaux ou Grenoble !

    Qu’a fait l’expert Manaud pour parvenir à ce chiffre de 1000 euros ? Il s’est simplement moqué de moi (mes spécificités physiques et psychiques y prédisposant !), allié aux dénommés Matczak et via la SCP Herman. (Serait-ce une de ces redoutables triades Hermanaudzak ?!) Je ne vous ferai pas l’offense, Monsieur le Président, de vous apprendre comment fonctionne l’institution judiciaire en France. Il s’est présenté bras dessus bras dessous avec le dénommé Matczak, Raphaël, d’un côté et la représentante de la SCP Herman de l’autre. Au moins, cela crée d’emblée un climat de franche camaraderie, dont j’ai été quelque peu exclue certes.

    Dès son arrivée, ses propos ont été hors sujet, afin d’éviter la question des vices affectant l’appartement : j’ai notamment eu droit à un questionnement intensif concernant la « moquette effilochée » dans la chambre, ainsi qu’à une longue série de questions sur les fenêtres. La fissure avec affleurement dans l’entrée a été traitée en une fraction de seconde : « Pas un vice caché. » Je n’ai pas eu droit sur ce point à plus d’argumentation. Cette fissure avait pourtant été notée tout de suite par l’expert Duniat, qui l’avait trouvée de belles proportions.

    Pour cette fissure j’avais d’abord fait venir un architecte. Celui-ci m’avait plutôt rassurée à son sujet, en me disant qu’a priori elle n’évoluerait pas, elle ne représentait que le trajet des fils électriques. Il m’avait en revanche tellement inquiétée à propos des problèmes de cloisons que j’avais fait venir l’expert Duniat pour ce point précis.

    Bref, en revenant d’hospitalisation en début de semaine, je découvre dans ma boîte aux lettres le mot ci-joint. Le lisant, je me suis demandé, mais une fraction de seconde seulement, si la justice était toujours bien une vertu cardinale. Il semblerait que l’expert Manaud ait aujourd’hui besoin de 300 euros supplémentaires. Il peut jouer avec RTL — et ce, sans passer par une valise. C’est apparemment la somme qu’il me réclame : à quoi correspond-elle ?

    J’ai un grand défaut, c’est que mon intégrité morale se voit sur mon visage. Cela me fait beaucoup de tort puisque cela me vaut de régulièrement me faire arnaquer. La première avocate que j’avais consultée m’avait tout de suite dit que j’étais « naïve ». Voilà qui est ballot (je parle de RTL, le mot vient de lui-même, pardonnez-m’en).

    Pour revenir à l’expert Manaud, celui-ci m’avait dit concernant la fuite du radiateur dans le séjour que ce n’était pas de l’eau, mais du feu : le sol avait été brûlé avec « un chalumeau ». Je m’étais donc trompée, l’huissier aussi, en voyant un dégât des eaux au pied du radiateur dans le séjour.

    Pour ce qui est du radiateur électrique qui avait disparu du séjour, j’ai été informée qu’il ne s’agissait pas d’un radiateur, mais d’un objet décoratif. C’était simplement un radiateur décoratif. J’ignorais ce concept d’art contemporain, que je me réjouis d’avoir découvert grâce à l’expert Manaud et à la SCP Herman,

    Concernant la douche, le mastic a été posé sur la tuyauterie au moment où la douche a été conçue et la fuite de la douche est postérieure à l’achat de l’appartement. C’est-à-dire qu’au moment où j’ai acheté l’appartement la douche ne fuyait pas, c’est apparu après. (En effet, « s’il y avait eu une fuite, M. Matczak l’aurait bien évidemment fait réparer », selon l’expert Manaud.) La preuve, c’est que le meuble qui était placé tout contre la douche n’était pas mouillé…

    Pour ce qui est des fissures murales engendrées par l’abattement des cloisons dans le séjour et des fissures murales engendrées par la pose des meubles de cuisine dans la salle de bains, l’expert Manaud les a mesurées au centimètre près pour dire « il y a x centimètres de plâtre à faire ». Soit, mais aucun artisan ne m’a parlé de plâtrage, bien au contraire.

    Ils m’ont tous expliqué, de même que l’architecte, que le plâtre ne tenait plus sur grosso modo toute la hauteur et la largeur des cloisons, que plâtre et briques étaient « désolidarisés ». Un travail de plâtrerie serait donc vain et bien trop long. Aucun ne m’a proposé de faire de la plâtrerie, tous m’ont dit que je devais mettre un cache-misère : Placo ou toile de verre.

    Enfin, je ne vais pas, Monsieur le Président, vous importuner plus longtemps, votre temps est infiniment plus précieux que le mien. Moi, j’ai tout mon temps, je ne travaille même plus, je suis dans l’attente d’une fin que j’espère tout de même sereine.

    Pour votre lecture de mon indigeste prose, recevez, Monsieur le Président, mes sincères remerciements.

     


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